Je teste : une semaine sans réseaux sociaux

13 octobre 2016
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L’envie m’a prise juste après les 10 km Paris Centre (dont vous trouverez le compte rendu ici), forcée de constater que, malgré ma victoire sur moi-même face à mon objectif de courir les 10 km en moins d’une heure, je n’étais pas aussi joyeuse que prévue. Ce sentiment m’a même envahi quelques jours avant la course, avec l’impression tenace que quoique je puisse faire, aucun résultat ne me satisferait vraiment. Je n’ai pas mis longtemps à trouver le coupable ; il était juste sous mon nez ou plutôt dans ma poche et j’étais à 95% complice du crime. Ils sont même deux à vrai dire, répondent aux noms d’Instagram et de Snapchat, et sont à portée de pouce. Un pouce bien trop souvent actif pour que ce soit « healthy ».

Mon fiancé (ça ne dure qu’un an alors je profite ;-)) me fait souvent la réflexion (désagréable) que je suis trop souvent sur mon téléphone et je ne peux que lui donner raison. En installant l’application « Moment » qui traque votre activité sur votre téléphone, je me suis rendue compte que je pouvais passer parfois plus de 4h sur mon téléphone et je vous le donne dans le mille : avec « Insta et Snap ». J’adore ces applications qui sont capables de me booster et me donner envie de déplacer des montagnes ou encore qui me livrent les backstages de mes blogueuses préférées. Mais, car il y a un grand mais, recevoir au quotidien des images de vies « idylliques » (et erronées puisqu’on ne montre que ce qu’on veut bien nous faire voir), des projets de dingue qui se réalisent, des objectifs sportifs toujours plus importants, cela peut vite donner envie de s’asseoir et de trouver sa vie nulle et de ne plus avoir envie de rien faire car ça ne sera jamais assez bien.

Ou PIRE ! Ne même plus savoir si les choses qu’on fait sont issues d’un désir personnel ou résultent de l’influence des réseaux sociaux !

Alors j’ai eu envie de tout couper.

Le défi me semblait aussi contraignant que salutaire : une semaine sans réseaux sociaux !
Le premier jour m’a révélé à quel point j’étais dépendante. J’avais terriblement envie d’aller voir mes applications chéries. Je ressentais un véritable manque. Une drogue douce ces réseaux sociaux ? Hum… La frontière semble floue ! Et puis j’ai survécu à ce jour de sevrage et lorsque la deuxième journée a commencé, je me suis dit que ça faisait quand même du bien de prendre du temps pour soi.

J’ai lu, beaucoup lu, pendant cette semaine. Je me suis régalée dans les transports et les salles d’attente, alors que souvent je dégainais mon iPhone plus vite que mon ombre !
Le temps qui semblait filer entre mes doigts m’est apparu comme plus tranquille. J’ai presque eu le bonheur de dire : « J’ai le temps », ce qui ne m’était pas arrivé depuis des lustres.
Un temps précieux, partagé avec ma famille et mes amis, sans chercher à prendre en photos tout ce que je mange (ne riez pas, c’est un tic qui s’attrape rapidement !) et sans trouver que chaque paysage ferait « une belle photo insta ». Ma pratique du yoga est redevenue personnelle et intime. J’ai médité, lu, ri et ça m’a fait du bien.

Mes yeux se sont régalés de la beauté de la nature, mon cœur s’est gonflé de gratitude et d’amour et je n’ai partagé ça avec personne.

Ne vous y méprenez pas, j’adore partager des découvertes et coups de cœur sur les réseaux sociaux. J’aime aussi consulter mon fil d’actualité et apprendre des autres. Cependant, j’avais perdu l’équilibre. Ce n’était plus une démarche saine d’inspiration mais une boulimie d’informations et d’influence. Un brouhaha assourdissant que je m’imposais à moi-même. J’avais presque peur de ne pas poster assez « moi aussi » ou que mon contenu n’intéresse personne. Je recevais tellement d’images que j’avais l’impression de me noyer.

Cette semaine, j’ai réussi à sortir de l’eau.

Je dois confesser que j’avais un peu peur, dimanche soir, de retourner sur instagram. Comme si au fond de moi je replongeais dans ma douce addiction. En ouvrant l’application, l’évidence m’a sauté aux yeux : le temps des réseaux sociaux est infiniment plus rapide que celui de la vie.
En une semaine j’avais dû louper au moins 2000 publications. Et vous savez quoi ? Cela n’a pas changé ma vie. 😉
Quant à Snapchat, je ne l’ai ouvert qu’une seule fois et je me suis demandée pourquoi je perdais du temps à regarder la vie des autres…

Samedi, j’ai passé du temps avec une amie qui a choisi de vivre dans une forêt, en marge de la société depuis plusieurs années. Elle n’a pas internet, elle consulte ses mails via un cyber café quelques fois par semaine. Elle vit modestement mais si vous pouviez la voir, vous verriez qu’elle rayonne à vous éblouir. Elle profite de la vie à 100% et je pense qu’elle a tout compris. Elle vit comme elle l’entend, avec ses proches, dans un environnement préservé, en communion avec la Nature et ça se voit. Elle m’a bien plus inspirée que les réseaux sociaux ces derniers temps.

Je ne dis pas que j’arrête les réseaux sociaux mais je pense que j’ai enfin compris comment les utiliser de façon saine.

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Qu’est-ce que je retiens de cette semaine ?

  • Le monde continuera à tourner même sans réseaux sociaux (et même sans téléphone)
  • Avoir du temps pour moi et pour ma pratique est plus important que passer du temps sur mon téléphone
  • Tout est dans l’équilibre : je n’ai pas besoin de consulter les réseaux sociaux tous les jours
  • Si je suis en manque d’inspiration, je pourrais peut-être la trouver en moi-même avant de la chercher ailleurs
  • Si j’ouvre une application c’est pour y faire quelque chose et non pour « tuer le temps »
  • Il est important pour moi que les réseaux sociaux soient un tremplin vers la réalité et non une fin en soi

Aujourd’hui, j’ai retrouvé le plaisir de partager et de faire défiler mon fil d’actualité ! Je me suis rarement sentie aussi inspirée que pendant cette semaine « hors connexion ». J’avais perdu un peu le sens de tout ça et cette semaine de coupure m’a permis de comprendre que pour pouvoir apprécier ce flot d’informations et partager un contenu de qualité avec vous, je devais d’abord m’être nourrie moi-même.

Et vous ? Quelle est votre relation avec Internet et les réseaux sociaux ?

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1 Comment

  • Reply Fabienne Maitre 14 octobre 2016 at 11 h 02 min

    tu soulignes tout à fait l’ambivalence de nos rapports aux réseaux sociaux ….sources de bonheur et l’opposé!
    Je pense que la solution se trouve dans des cures détox comme après les bons repas des fêtes de fin d’année.
    On pourrait même lancer un mouvement sur insta 😉 !

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